Agriculteur à Montfort-l’Amaury (Yvelines), Olivier Coupery est aussi président de la section équine de la FDSEA.

Horizons : Comment se porte le secteur équins dans ce contexte de sécheresse ?

Olivier Coupery : L’Ile-de-France fait face à une importante période de sécheresse et nous sommes inquiets d’un éventuel manque de fourrage cet hiver car depuis cet été, les éleveurs de chevaux, comme tous les autres d’ailleurs, puisent dans les stocks de foins pour nourrir les animaux. Par ailleurs, les herbages ont été surpâturés à cause du manque de pluie et ils resteront abîmés pendant au moins un an. L’augmentation de la demande en foin fait grimper les prix ce qui augure des difficultés économiques supplémentaires alors que l’activité de pension de chevaux à la ferme permet généralement aux agriculteurs de garantir un revenu stable.

La sécheresse a t-elle d’autres impacts ?

Dans mon secteur, en bordure de la forêt de Rambouillet, j’ai d’importants dégâts de sanglier sur mes semis de colza. Même si les autorisations préfectorales pour les tirs de nuit sont délivrées plus rapidement que par le passé, le délai de réponse de huit à dix jours est encore bien trop long vu la vitesse à laquelle les dégâts sont causés… J’espère que la saison de chasse pourra réduire sérieusement cette population de nuisible.

Revenons sur un épisode difficile du mois dernier : l’occupation de vos terres par des gens du voyage…

J’ai effectivement eu 250 caravanes de gens du voyage dans un herbage, si nécessaire en période sèche. A leur départ, cela m’a demandé trois jours de nettoyage et remise en état. Les terres agricoles ne doivent pas servir à combler les carences de l’Etat en terme d’accueil des populations nomades. Les agriculteurs n’ont pas à assumer le manque de fermeté de l’Etat quant au respect des propriétés privées. Etant très attaché à la légitimité du producteur à cultiver ses terres, je ne me suis pas encore remis des autorisations d’exploiter données aux squatteurs de Notre-Dame des Landes. A contre-cœur, je pense qu’il va falloir utiliser les moyens zadistes pour protéger nos terres.

Un dernier mot pour finir ?

Moi qui ne suis rien, j’ai beau traverser la rue, je ne gagne pas un pognon de dingue mais je suis fier d’être un gaulois réfractaire à la politique de ce gouvernement incapable de gérer notre secteur économique.

2018-10-19T10:10:43+00:00