Le président de la FDSEA Île- de-France, Guillaume Moret, prend la parole après la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne sur l’accord commercial avec le Mercosur.

« Notre ténacité a payé après des mois de mobilisations agricoles. Nous étions plus de 7 000 agriculteurs mobilisés devant le Parlement européen à Strasbourg mardi 20 janvier. Le lendemain, mercredi 21, les eurodéputés ont voté la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Elle va devoir étudier la légalité de l’accord entre l’UE et le Mercosur, ce qui peut prendre plusieurs mois. Je tiens à remercier celles et ceux qui se sont mobilisés ces dernières semaines pour défendre les intérêts de tous. Il faut maintenant espérer que la Cour déclarera certaines parties de l’accord illégales, obligeant la reprise des négociations d’un accord catastrophique pour l’agriculture française et pour l’alimentation de nos concitoyens. Nous espérons que cette victoire syndicale au niveau européen sera suivie par la suppression définitive de la taxe engrais dite MACF pour l’agriculture promise par notre ministre de l’Agriculture, ainsi que le maintien du budget de la Pac pour la prochaine période.

Sur le plan français, ces dernières semaines ont également été l’objet de nombreuses actions à l’image de celle organisée devant l’Assemblée nationale. Grâce à vous et aux plus de 1 000 agriculteurs présents avec 400 tracteurs stationnés dans Paris, nous avons montré à nos responsables politiques notre détermination à vivre de notre métier et à assurer la souveraineté alimentaire de la France alors que les décisions allant à l’encontre de nos exploitations s’accumulent depuis de nombreuses années. Si nos mobilisations avaient déjà permis la reconnaissance de l’agriculture d’intérêt général majeur avec la loi d’orientation agricole de 2025, ainsi que l’adoption de la loi Duplomb – dont les décrets d’application sur la partie ICPE – élevage doivent être publiés avant la fin du mois de janvier –, nous avons obtenu la semaine dernière une dizaine d’avancées tangibles pour nos exploitations. Le gouvernement nous a promis une loi d’urgence agricole sur nos moyens de production, l’eau et la prédation qui doit être présentée au Salon de l’agriculture, mais aussi un nouveau texte pour autoriser la réintroduction de l’acétamipride. Concernant les finances, le dispositif de prêts structurels mis en place en 2025 va être prolongé pour 2026 avec des mesures simplifiées, tandis que la Redevance pour pollutions diffuses sera gelée pour 2027 alors qu’une hausse était attendue. Enfin, nous avons obtenu que la franchise fiscale de réintégration soit activable aussi pour aléa économique dans le cadre de la Déduction pour épargne de précaution (DEP), ainsi que plusieurs millions d’euros d’aides financières pour les grandes cultures, pour la filière viticole ou pour le fonds d’indemnisation lié à la DNC (Dermatose nodulaire contagieuse).

Le gouvernement a également annoncé un moratoire sur les questions de la politique de l’eau (Sdage, Sage, AAC, etc.), la possibilité pour les préfets de débloquer les dossiers de stockage de l’eau et une évolution de la réglementation Nitrates vers le bon sens et l’agronomie avec des dérogations préfectorales. Ces mesures répondent à nos revendications des derniers mois, mais dépendront dans un premier temps de l’adoption du budget 2026 par l’État français qui est enfin en bonne voie, mais également de la survie du gouvernement. Nous allons rester vigilants sur l’évolution de la situation dans les semaines à venir.

Merci à vous pour votre mobilisation et votre confiance. Notre détermination à défendre la profession agricole s’en trouve renforcée. Ne lâchons rien ! »