Polyculteur-éleveur à Nesles-la-Vallée (Val-d’Oise), Éric Chevallier est président du Syndicat des producteurs de lait lie-de-France ouest et Val-d’Oise et vice-président de l’Union des producteurs de lait du Bassin parisien (UPLBP).

« Ces derniers mois, le monde de l’élevage bovin, notamment laitier, est en délicatesse. Tout d’abord, nous devons faire face à une épizootie de dermatose nodulaire contagieuse des bovins (DNC). Même si nous pouvons compter sur le soutien de la population, le monde agricole a été fragilisé par cette crise. Nous sommes porteurs de valeurs et, bien évidemment, personne ne veut voir mourir nos animaux. Les solutions de sortie de crise passent forcément par le dialogue avec les syndicats, les Chambres et les politiques. Ce sont ces derniers qui détiennent le pouvoir, même s’ils ne connaissent rien à notre monde.

Alors que la situation semble s’améliorer, nous avons fait des propositions sur un nouveau protocole de vaccination et de mise en quarantaine, sur lequel nous sommes toujours en attente de réponse. Il faut arrêter d’abattre les troupeaux français. Nous avons tué des animaux sains. Où est le bien-être animal ? La décision d’organiser le Salon de l’agriculture sans bovins est logique par rapport au protocole. Il ne pouvait de toute façon pas se tenir comme nous le connaissons en raison du contexte politique.

Outre les problèmes liés à la DNC, nous devons aussi nous adapter au prix du lait. En ce début d’année 2026, nous enregistrons des baisses significatives après une année 2025 plutôt correcte, qui nous a permis de couvrir nos charges grandissantes. Malgré un accord visant à stabiliser le prix du lait 2026 pour les produits de grande consommation, les cours des produits industriels (beurre, poudre…) affaiblissent le résultat de la formule de prix pour notre association d’organisations de producteurs. Si la situation n’évolue pas favorablement, nous risquons de ne plus pouvoir couvrir nos charges cette année. »