
Le président de la FDSEA Île- de-France, Guillaume Moret, prend la parole en ce début d’année 2026.
« Chères adhérentes, chers adhérents,
Voilà un an que vous m’avez accordé votre confiance. Une année intense, marquée par une situation économique toujours plus difficile sur nos exploitations, une accumulation de normes, de contraintes et de distorsions de concurrence qui fragilisent notre avenir et celui des jeunes qui veulent s’installer. Le constat est clair : le compte n’y est toujours pas.
Pour autant, grâce à notre unité et à la mobilisation massive du réseau FNSEA et des Jeunes Agriculteurs, nous avons obtenu des avancées majeures pour notre profession. Nos combats syndicaux ont été rudes, mais ils ont porté leurs fruits.
La reconnaissance de l’agriculture comme activité d’intérêt général majeur dans la loi d’orientation agricole, l’adoption de la loi Duplomb pour alléger les contraintes pesant sur notre métier, les engagements obtenus sur les moyens de production, la fiscalité, l’eau, la PAC ou encore les aides d’urgence pour plusieurs filières en sont des exemples concrets.
Parmi ces avancées, je souhaite également mettre en avant une mesure majeure de justice sociale : le calcul des retraites sur les 25 meilleures années. Cette revendication portée de longue date par notre réseau permettra à de nombreux agriculteurs et agricultrices de bénéficier d’une retraite plus juste, avec un gain pouvant aller jusqu’à 400 euros par mois dans certaines situations. C’est une avancée essentielle pour la reconnaissance du travail d’une vie.
Ces victoires restent toutefois fragiles et parfois incomplètes. L’annulation, pour des raisons de forme, de la réintroduction de l’acétamipride, la menace persistante du Mercosur malgré la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne, votée par le Parlement européen le 21 janvier dernier, le MACF sur les engrais, les débats inquiétants sur la PAC post-2027 ou encore les surtranspositions françaises continuent de faire peser de lourds risques sur nos exploitations. La souveraineté alimentaire française est clairement en jeu. Il faut continuer à réarmer notre agriculture.
Face à cela, nous avons fait le choix de la mobilisation, partout et à tous les niveaux : sur nos territoires, devant l’Assemblée nationale, à Bruxelles, à Strasbourg. Ces actions ont permis de mettre la pression là où les décisions se prennent. Elles ont aussi montré que notre combat est compris et soutenu : 9 Français sur 10 soutiennent les mobilisations agricoles. Ce soutien est précieux et nous oblige à rester exemplaires, en agissant toujours dans le respect des biens et des personnes, condition indispensable pour conserver la confiance de la société.
Je tiens à remercier chaleureusement toutes celles et ceux qui se sont mobilisés ces derniers mois. Votre engagement a été déterminant pour obtenir ces avancées si essentielles pour nos exploitations. Rien de ce qui a été obtenu ne l’aurait été sans vous.
Enfin, je veux rappeler combien l’adhésion et la cotisation syndicale sont indispensables. Elles nous donnent les moyens humains, techniques et financiers de continuer à porter nos positions sur les sujets cruciaux, d’être présents dans toutes les instances, de défendre nos intérêts, de valoriser notre métier et de préparer l’avenir. Un syndicat fort, c’est un réseau uni et engagé.
L’année écoulée l’a démontré : quand nous sommes nombreux, déterminés et solidaires, nous faisons bouger les lignes.
Persévérons dans notre exigence à défendre une agriculture de production garante de revenus pour les agriculteurs.
Nous le savons, il nous faudra rester vigilants et unis : nous ne ferons pas de chèque en blanc à nos responsables politiques.
Au-delà des échéances à court terme, il nous faut obtenir, à l’aune des futures élections présidentielles, que chaque candidat s’engage sur un cap et une vision clairs pour l’agriculture.
Ensemble, ne lâchons rien : la force du collectif sera une nouvelle fois notre meilleur atout. »
