
Agriculteur à Boissy-l’Aillerie (Val-d’Oise), Paul Dubray est conseiller départemental chargé de la ruralité et des relations avec le monde agricole, président de l’Union du Val-d’Oise et administrateur de la FDSEA Île-de-France.
« Le Fonds d’urgence céréales et protéagineux est loin d’être satisfaisant face à la situation économique de nos exploitations ces dernières années. Malheureusement, le contexte politique national ne nous aide pas à voir clair dans l’avenir de l’agriculture. Il est d’autant plus important de ne pas négliger les aides existantes, notamment celles sur le plan régional et départemental. N’hésitez pas à déposer des dossiers pour que l’ensemble des enveloppes prévues soient bien utilisées à destination des agriculteurs. Cela donnera également un argument supplémentaire aux collectivités pour poursuivre ces aides dans une période où leurs budgets sont de plus en plus faibles.
En Île-de-France, nous avons la chance d’être plutôt bien lotis concernant les subventions régionales et départementales. Certains de nos voisins nous envient cet accompagnement, que ce soit au niveau du matériel ou de la diversification. Le conseil régional d’Île-de-France met en place différentes aides à destination des agriculteurs, à commencer par l’appel à Projet 2026 pour le soutien aux investissements agricoles dans le cadre de la programmation Feader 2023-2027.
Sur le plan départemental, d’autres actions existent pour accompagner l’agriculture. Dans le Val-d’Oise, nous proposons des compléments d’aides Feader que ce soit pour les haies, pour les broyeurs d’accotement, pour les semoirs à engrais ou encore pour les GPS. Malheureusement, certains agriculteurs n’ont pas encore connaissance de cette aide et achètent du matériel sans demander d’aides. L’aide du Département peut atteindre jusqu’à 25 % du montant du projet, tandis que l’aide Feader de la Région intervient à hauteur de 40 %. Ce ne sont pas des aides anecdotiques.
La présidente de Département, Marie-Christine Cavecchi, est d’un grand soutien régulier pour le monde agricole du Val-d’Oise. Le conseil départemental accompagne des projets de diversification à travers la mise en valeur de produits dans le cadre de circuits courts. Nous avons notamment mis en place une cuisine centrale, l’École des chefs à Bessancourt, où les responsables des cantines des collèges peuvent découvrir certains produits. Cela a permis de créer des partenariats entre la restauration scolaire et des agriculteurs diversifiés, à l’image des lentilles de Gouzangrez, des pâtes du Vexin ou encore des pommes d’Ableiges.
Nous venons de vivre le Salon de l’agriculture qui, malgré la baisse de fréquentation, reste un moment important pour promouvoir nos productions et communiquer auprès du grand public. Le Département accompagne ses producteurs en proposant la gratuité du stand pendant quelques jours. Nous n’avons pas baissé le financement prévu pour le Salon. Cela fait partie des rares subventions qui n’ont pas diminué.
Enfin, nous finançons une partie du projet Agoralim. Ce projet vise à structurer les filières locales, soutenir les agriculteurs franciliens et faciliter l’approvisionnement en produits locaux pour les acteurs du territoire d’ici 2028-2030. Nous resterons vigilants à ce sujet.
N’oubliez pas d’aller voter dimanche 15 mars pour le premier tour des élections municipales, et pour certains, dimanche 22 mars pour le second tour. Lors de la plateforme technique du 16 juin 2026 de Vallangoujard, la chambre d’Agriculture proposera également une visite à destination des élus pour sensibiliser les nouveaux maires aux questions agricoles. Un enjeu important pour l’avenir de l’agriculture. »
