Agriculteur à Gambais (Yvelines), François Lecoq est président de la commission dégâts de gibiers de la FDSEA Île-de-France.

« Les dégâts de grands gibiers ou de nuisibles (les Esod, pour Espèces susceptibles d’occasionner des dégâts) sont maintenant partout en Île-de-France. Aucun secteur n’est épargné.

Il est primordial pour les agriculteurs de bien faire remonter les dégâts via les enquêtes de la FDSEA ou sur le site de la chambre d’Agriculture pour les dégâts de pigeons, de corbeaux, de corneilles, de lapins, de renards ou encore de pies. C’est important pour les rencontres entre les représentants agricoles et l’administration, notamment dans les Commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS), des réunions de travail où les agriculteurs, les piégeurs et les chasseurs présentent des dossiers par espèce avec un montant de dégâts. Cela représente beaucoup de temps et de travail pour nos collaborateurs, surtout quand on voit les associations environnementales venir les mains dans les poches et mettre en doute nos chiffres de façon virulente.

Ces enquêtes permettent de garder des moyens de régulation hors de la période de chasse, d’où la nécessité des classements Esod pour le maintien de certaines cultures : les petits pois avec les pigeons ou le maïs avec les corbeaux. Faites vos demandes en ligne auprès de vos DDT pour obtenir une autorisation de destruction à tir des corvidés ou pigeons. En fin de campagne, n’oubliez pas de renvoyer vos bilans de destruction.

Contre l’achat de clôtures par les agriculteurs

Concernant le grand gibier, les chasseurs sont débordés par la profusion de sangliers et de cervidés. Ces espèces arrivent dans des secteurs épargnés jusqu’à présent. Pour les clôtures, nous sommes en discussion avec la Fédération interdépartementale des chasseurs d’Île-de-France ouest (Ficif) pour avoir une ligne directrice semblable pour les trois départements (Val-d’Oise, Yvelines et Essonne).

Nous sommes contre l’achat de clôtures par les agriculteurs. Nous voudrions, pour les agriculteurs qui en font la demande, que la clôture soit fournie par la Ficif. Il faut que l’installation soit réalisée en partenariat entre agriculteurs et sociétés de chasse proches de la plaine impactée ou que la Ficif indemnise le temps passé à l’installation par l’agriculteur. L’entretien doit être sur le même système de partenariat. De plus, s’il y a des dégâts dans la culture protégée, l’agriculteur ne peut en aucun cas être sanctionné par la Ficif lors de l’indemnisation de la culture. La politique clôture est revue par la Ficif pour plutôt protéger les cultures à haute valeur ajoutée (pommes de terre, cultures industrielles, cultures avec un chiffre d’affaires de 10 000 euros de l’hectare). Il y a là un vrai sujet de discussion pour nous avec la Ficif.

Il existe différentes possibilités de chasse et de régulation à notre disposition. Encore faut-il que nous motivions les agriculteurs à chasser ou à faire chasser sur leurs territoires et à passer le permis de chasser. Le sanglier est quasiment chassable toute l’année : du 15 septembre au 28 février pendant la période d’ouverture générale de la chasse ; tout le mois de mars en battue ou à l’affût sans demande particulière ; en avril et en mai, des demandes de chasse à l’affût sont possibles à la DDT pour protéger les cultures ; du 1er juin au 15 septembre à l’affût et possibilité de battues à partir du 15 août.

Par ailleurs, nous avons obtenu le tir nocturne pour protéger les semis de printemps dans les Yvelines et le Val-d’Oise. Aucune intervention n’a lieu sur une parcelle sans que l’agriculteur concerné n’en fasse la demande à la DDT. Pour l’Essonne et la Seine-et-Marne, il faut faire une demande d’intervention par les louvetiers pour le tir de nuit dans les semis de printemps dans les endroits à forte densité de sangliers.

Ce système ne va pas résoudre la surpopulation de sangliers, mais il permet de les éloigner des cultures pendant la période des semis de printemps et de soulager la louveterie, qui a déjà assez à faire avec les sangliers en zones urbanisées et aux abords des routes. Nous avons obtenu des moyens de protection de nos cultures et nous cherchons à en obtenir de nouveaux, mais servez-vous de ces outils. Sinon, l’administration nous les retirera sous la pression environnementale. Vous pouvez compter sur vos représentants agricoles dans les CDCFS, mais nous avons besoin de vous sur le terrain pour réguler, protéger et chasser dans vos cultures. »